Depuis septembre 2005, un espace d'écoute, de parole et de lien se tient une fois par mois dans le quartier de la Pelotière à Versoix.
Ce quartier, construit en 1995, où vingt-huit diffférentes nationalités s'y côtoient, est composé de logements sociaux regroupant un peu moins de 1000 habitants dont un tiers a moins de dix-huit ans. Les habitants connaissent de nombreux problèmes socio-éconimiques et psychosociaux. Beaucoup de personnes sont au chômage ou à l'assistance publique et de nombreux enfants sont en échec scolaire.
Le quartier ne dispose d'aucun service public ou de commerce. De plus, la population est mal considérée par les autres habitants de la commune, ce qui contribue à la stigmatisation de ce quartier jugé "à problèmes". Les habitants se sentent négligés par l'administration et les autorités et ont le sentiment d'être les parias de la commune.
Ces rencontres permettent de créer un espace où les différentes communautés peuvent échanger dans un cadre sécurisant et structuré en vue de renforcer les liens sociaux et favoriser le dialogue entre les habitants. Elles visent également à encourager la reconstruction de l'estime de soi en mettant en valeur les compétences et les ressources des individus et de la communauté, à prévenir l'exclusion, la marginalisation et le délitement du lien social, et enfin à permettre aux habitants de trouver leurs propres solutions à leurs problèmes.
Le Modèle d'intervention est basé sur la thérapie communautaire, une approche systémique et anthropologique imaginée originairement par le psychiatre brésilien Adalberto Barreto, dont le but est de stimuler la communication et l'entraide entre participants. Ce modèle est très structuré et a fait ses preuves en plus de vingt ans d'application dans différents contextes.
A Genève, il est pratiqué dans plusieurs quartiers depuis quelques années. Les séances sont animées par Riccardo Rodari, psychologue, enseignant à la HETS-Genève; par Françoise Greder, travailleuse sociale communautaire, ainsi que par deux psychologues d'Appartenances-Genève, Delphine Bercher et Nathalie Diaz-Marchand.

